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Il faut d'abord que je me justifie. Commencer par ça. J'ai rêvé d'une guerre mondiale, d'obus qui déchirent le ciel, d'immeubles éventrés, de fuite et d'angoisse. Les Ukrainiens ces salauds ! (faudra qu'on lui explique à la p'tite dame, elle a l'air confuse sur l'actualité). Passer de nuit par les départementales, lentement, tous phares éteins, remplir des bidons d'essence juste au cas où, prendre le minimum et tout laisser derrière soi. Rien d'autre ne compte que nos peaux. Se terrer pendant des jours sans se faire ni entendre ni voir, cesser d'exister aux yeux des autres. Je peux, je crois, rajouter Survivaliste à mon CV. Mon fils était raccord il a passé une nuit épouvantable. Peur du loup, peau qui gratte et mal aux pieds. Mon corps a fait le ping pong entre notre lit et le siens. Ma tête je ne sais pas trop où elle était. Occupée à faire la guerre sans doute. Ce matin en me réveillant j'avais une oreille au milieu du front, les yeux dans les cheveux et le nez dans la bouche (pas dingue), c'était le bazar. Bref. J'ai déposé Marcus à la crèche au moment où la directrice saluait les puéricultrices. Mon cerveau a dit "Bisous mon poussin !" ma bouche a hurlé "Bonne nuit mon cochon !!", devant tout le monde. La journée commence bien.

Bonne année à tous ! Je vous souhaite d'arrêter de vous cogner les orteils aux pieds des meubles. D'arrêter d'insulter lesdits meubles ils n'y sont pour rien. De ne pas lire la saga Game of Thrones jusqu'au tome 13 avant de vous rendre compte que c'est pas terrible. De ne jamais attraper l'accent Lorrain au risque de dire un jour : Comment qu'c'est gros, ça ghèts ? Y a l'Fred qui t'attend pour grailler entre midi et dis voir j'tai mis les schmerres dans l'cornet sur la clanche.". Je vous aurais prévenus. D'arrêter de fumer pour la 88e fois, c'est l'intention qui compte. D'éviter la part avec la fève, je dis ça pour vos dents. De continuer à chanter très fort dans votre voiture, surtout en covoiturage ça créé du lien. De ne pas boire l'eau du robinet pendant votre voyage en Thaïlande. De mettre moins de 3 mois pour remplir vos fiches d'impôts. De ne pas oublier une chaussette rouge dans votre machine de blanc. De ne pas verser de rouge dans votre verre de blanc. De ne pas confondre sucre et bicarbonate de soude, dans les gâteaux c'est pas très bon et dans la lessive c'est inutile. D'assumer enfin vos goûts musicaux, Johnny n'a jamais tué personne, enfin je crois. Pour le bonheur, la réussite et la santé on va faire ce qu'on peut. Je vous embrasse.

Notice pour ce soir ou pour toujours. Mangez à vous en faire sauter l’estomac. Buvez. Chantez l’ivresse. Fermez les yeux et dansez jusqu’au vertige, c’est ma spécialité. Mesurez vos tracas à l’échelle du monde. Relativisez. Aimez vous. Dites-le vous. Susurré dans le creux de l’oreille, hurlé à plein poumon, griffonné sur un bout de serviette en papier. Palpez sa peau, sa chaleur, saisissez sa vie à pleines mains et portez là à vos lèvres. Buvez-la comme on s’abreuve du nectar des dieux. Embrassez-vous. Bécotez-vous. Avalez-vous. Réalisez la chance que vous avez d’être vivant parmi vos vivants. Pour le reste, ce qui compte peu mais pèse trop lourd, le plomb dans vos ailes je veux dire, délestez-vous. Le poids du monde ou des autres n’a pas besoin de vos épaules pour être supporté et votre liberté n’en sera que plus vite acquise. Notre passage ici est fugace. Je l’ai appris hier…..

Le poids des morts.Mes arrière-grands-parents, Léon et Ernestine ont été assassinés.Ça surprend hein ?Auschwitz.« Ah…! ça…! »Ça surprend moins tout d’un coup. C’est moins tonitruant. Moins exceptionnel. C’est vrai que 2 personnes sur 6 millions ça devient banal quand on y pense. On est loin de l’assassinat de faits divers, du coup d’éclat, du petit meurtre original. "Faudrait pas en faire toute une histoire" qu'on penserait presque. Mais à échelle individuelle ces morts prennent de l’amplitude, croyez-moi. Traumatisé par la perte de ses parents mon grand-père a rejeté la religion de sa vie, mais aussi sa langue et son prénom. De Dieu chez lui il n'était pas question. Et quand j'y pense c'est toute une identité qui nous a été enlevée. On a détruit les Hommes mais combien sont les survivants ayant enterré leur propre identité, leurs rites et leur culture à défaut d'avoir pu inhumer leurs morts. C'est une élimination à retardement. De ce fait le judaïsme ne fait pas partie de ma vie ni de celle de ma famille. Je suis profondément athée (dit-elle comme pour se justifier. Elle aurait tout aussi bien pu dire "Rassurez-vous ! Je ne suis pas juive !". A ce titre je me souviens qu'un jour j'avais trouvé dans la boîte à bijoux de ma mère un pendentif en forme d'étoile de David. Je devais avoir 13 ans. J'étais à l'époque extrêmement fière d'avoir des ancêtres juifs, comme si le fait d'appartenir à une communauté allait m'élever au-dessus de ma condition. Je trouvais que ça faisait classe. Ça me rendait un peu moins normale et plus exceptionnelle, plus remarquable aussi. “Regardez j'ai acheté les même Buffalos que Geri Halliwell” versus “Regardez je suis juive”. J'ai sorti la chaine et l'ai mise à mon cou. Lorsque ma mère s'en est aperçu elle m'a demandé de la retirer. “Tu pourrais t'attirer des ennuis”. Fin de l'histoire, la peur se transmettait donc de génération en génération, on refourguait cette culture au fond du placard. Qu'on en parle plus et fermeture de la parenthèse la plus longue de l'histoire.).L'extermination qui a touché ma famille, comme celle de nombreux autres, est un non-sujet. On en sait trop peu alors on ne dit pas grand chose. Surtout on ne s'apitoie pas. Helmuth-Henri-Pépé est parti avec ses tragédies bien serrées autour de son petit cœur d'enfant de 67 ans. De sa vie d'avant il ne disait quasiment rien. Je ne sais pas si les terres de Kolomiya manquaient à Ernestine lorsqu'elle arpentait les artères bruyantes de Vienne ou si Léon appréciait boire un verre de Slivovitz une fois son repas terminé et les enfants couchés. Nous, ceux d'après, les enfants et petits-enfants nous nous sommes accommodés de cette histoire faite d'absences et de silences, nos origines sont comme une vieille couverture trouée, traversée par les courants d'air. Certains ont tenté d'en apprendre davantage mais face au vide où chercher ? Alors moi depuis toujours j'ai tissé avec le peu que j'avais. Je leur ai imaginé une vie. Chaque rarissime anecdote

J'aurais des choses à vous dire, elles sont coincées dans un soupir.J'halète, j'ahanne, je grogne mais ça veut pas sortir.Inspire, expire, inspire encore, c'est encore pire.Y a de quoi s'maudire j'vous jure c'est du délire.Sans rire, j'manque d'air j'crois qu'mes poumons s'déchirent

3h du matin - Je suis tellement fatiguée que je suis réveillée. Et d’ailleurs pendant que j’y pense en Iran c’est sacrément le bordel. Encore eux. Je vais finir misandre et faire des guirlandes de couilles lorsque l’heure de la vendetta féministe aura sonné. Mais non pas toutes les couilles. Je sais y en a des bien. Des gentilles. Des tendres. Des drôles. #notallcouilles 3h30 - Non puis Poutine aussi…. Ça va mal finir tout ça. Faudrait que j’aille à Saumur préparer un abri anti-atomique dans les caves troglodytes du père. Faut pas que je traine. Il me faudrait 20 conserves de coeurs de palmier, 20 autres de haricots blancs à la sauce tomate j’aime bien ça. Beaucoup de livres. Pas oublier un réchaud à gaz. Et de quoi faire des garrots au cas où ça tourne mal. 4h - Il pleut. Jeffrey Dahmer quel monstre n’empêche. Y a pas de monstres y a que des hommes. Et c’est du thym que je dois mettre avec le poulet ou du basilic ? 4h30 - Tiens Marcus tousse 4h32 - Tiens il dort 4h34 - Tiens il tousse encore 4h50 - Dormir sur le ventre et sentir le poids de mon corps qui m’écrase est ce que ça serait pas une petite mort ? En tout cas ça me rassure vachement. Mais qu’est ce qu’on à l’air cons quand on dort sur le ventre. Regarde toi là, les jambes bien raides, le cou dévissé et les bras repliés. On dirait un vieux dinosaure que la nature aurait éradiqué faute de grâce et d’utilité. Ça serait quoi mon nom si j’étais un dinosaure ? 5h30 - j’ai mal au cou d’ailleurs. Et tant qu’on y est c’est quoi le problème avec les dermatos qui te donnent rdv en juillet 2023. Je vais mourir d’un cancer au petit orteil à cause d’un truc jamais examiné et ce sera la faute de personne et de tout le monde à la fois. 5h45 - S’ENDORT 6h20 - C’est l’heure. Allez, bonne journée.

Les comètes. Y en a une qui a dormi chez moi cette semaine, je vous raconte pas les étincelles. Enfin si je peux vous raconter un peu. On a fait la guerre des tranchées avec des baïonnettes, des vraies, à s'en rouler par terre et tout. On a raconté nos vies de 100 ans, celles d'avant. Elle essayé de faire du calcul mental très très vite mais la racine carrée de 543 c'est pas 4, de loin. Et puis j'ai dit que Thierry Paulin il était mort du sida en prison, ça lui en a bouché un coin et moi j'étais pas peu fière d'avoir un bac +4 en serial killers. Elle a bu 5 allongés assise, ça m'a paumé. Au moins 2 fois elle a vraiment cru qu'elle avait perdu sa boule et puis elle l'a retrouvée. Allez les p'tits potes, ce matin on écoute Every time it rains de Kelly Finnigan (merci comète).

Les fins de journées avec Noémie. Pour Pimkie encore. Je ne sais pas quoi vous dire d'autre car je suis en train d'écouter un son qui mobilise la quasi totalité de mes neurones et je suis dans l'incapacité absolue de me concentrer. Cette musique ouvre une porte vers les mois d'été qui viennent de s'achever (oui je sais factuellement on est encore en été mais quand je ressors mes bottes et mon kway si vous voulez je capitule précocement avec l'automne). Je sais que je ne suis pas la seule à avoir la nostalgie des vacances collée à l'épiderme, nous sommes légion. Frères et sœurs d'armes unissons nous. Renversons le capitalisme afin que plus jamais un être humain n'ait la nécessité de travailler. Déchirons ces vêtements qui nous entravent. Brûlons nos banques et vos patrons. On signe pour une vie sabbatique. Vacances pour tout le monde tout le temps. Un congé sans solde jusqu'à la nuit des temps. Pardon je me perd. C'est cette musique aussi. Elle me parle d'océan insolent, de tongs qui flinguent les pieds, de pizzas jamais finies, d' estomacs noués, de la beauté du ciel et de celle de mes potes, des soirées qui finissent trop tard et des journées qui commencent trop tôt, de la cime des Pyrénées qui me parle de toi, de piscines trop chaudes et de merguez trop cuites, de bals du 14 juillet et de leur mauvais rosé, de la sueur qui ruisselle sur le ventre, de vos yeux dans les miens et de vos éclats de rire qui enlacent mon cœur. Comment je peux rester concentrée ? Allez, je la remet.

La beauté d'Anne-Violaine.Je suis pas très bavarde en ce moment. Tout va vite. Je ne prend pas le temps de me poser quand je poste. Exemple : j'ai un train dans 30 minutes, je dois finir ma valise et me préparer, j'écris ce post avec un bout de cul sur une chaise et l'autre dans le vide tout en me demandant "était-ce bien le moment de faire ça ?" sachant que je viens de passer 15 minutes à m'épiler les mollets ce qui tout bien considéré était loin d'être une priorité avant de sauter dans mon tgv. L'art de courir après son train est un don transmis par mon père. Ca se cultive, ça se nourrit. Ne saute pas dans une rame en marche qui veut. Combien de fois m'a-t-il jeté (littéralement) dans le train sans même avoir le temps de m'embrasser. Le souffle court, le cœur rapide et la joie intense d'avoir atteint son but. Ce don a de miraculeux que peu importe la course, le motif, les imprévus, jamais je n'ai raté de train. D’ailleurs ne ferais je pas un peu exprès uniquement pour savourer cet instant de grâce lorsqu’enfin je m’assied sur mon siège, palpitante, dans cette rame tranquille ignorante de mon exploit olympique.